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lundi 13 mai 2013

Holly Motors

Ma découverte de Leos Carax se fit sur la vision des amants du Pont Neuf. Leos Carax  C'était Juliette Binoche errant sur le décor. Denis Lavant clochard céleste et alter ego de Leos Carax arpentait Paris et ce Pont Neuf, le plus vieux pont de Paris, qui était sa tanière.J'avais 16 ans en 1992 et découvrais, troublé, perplexe, que le Cinéma peut et donc doit être une joie extraordinaire et qu'il existait au moins un réalisateur capable de le porter à son point d'incandescence.




A l'époque les critiques s'étaient faites nombreuses contre Leos Carax et le décor du film qui semblait avoir autant enflé que l'ego du réalisateur, engloutissant ce qui était devenu le plus gros budget du cinéma français et quelques producteurs aussi. Leos Carax avait plus ou moins disparu des écrans radars pendant de nombreuses années. Il réalisa ensuite Pola X, adaptation libre de Pierre Ou Les Ambiguités de Melville, avec Guillaume Depardieu et Katerina Golubeya. Ceux ci ont depuis tous deux disparus. Il y a ainsi toute une litanie de personnes qui ont accompagnées l'oeuvre de Carax pour y laisser leur marque et ensuite s'effacer. Escoffier, Chef op' de la Trilogie Boys Meet Girl, Mauvais Sang, Les Amants du Pont Neuf ,Reggiani  et Hugo Pratt acteurs de Mauvais Sang, Klaus Michael Gruber acteur des Amants du Pont Neuf, Dahan ou Fechner producteurs successifs des Amants du Pont Neuf ......










Holly Motors s'ouvre avec en prologue un personnage, Leos Carax le réalisateur, s'éveillant d'un long sommeil et parvenant ensuite en pyjama comme The Yellow Kid, dans une salle de cinéma. Apparait au plan suivant le personnage principal Mr Denis Lavant qui sera presque la matière de tout le film, présent dans tous ses plans, moteur de l'action. Lavant comme L'avant coup d'oeil dans le rétroviseur et ce coup d' Avant (ce) que le réalisateur a sur le cinéma.  Il va naviguer dans Paris à bord d'une limousine conduite par Edith Scob qui semble avoir les traits de l'Américaine de Mauvais Sang. Celle ci est longue comme une corbillard portant le deuil de tous les absents et blanche comme une voiture de fiancailles avec toutes les opportunités offertes.
Durant tout le film Denis Lavant devenu Oscar va endosser 11 rôles, farfouillant à chaque fois dans la limousine pour y trouver masques et costumes, camelot protéiforme se déplacant avec sa roulotte aux tous débuts du cinéma pour offrir son spectacle au tout venant . Depuis Les amants du Pont Neuf Leos Carax a réduit ses artifices à l'essentiel, l'acteur.  Holly Motors relit à la fois histoire du cinéma et cinéma de Carax, par citation ou triturage, tentant comme le dit Edith Scob de rattraper 20 ans en 20 minutes. Carax a toujours la nostalgie féconde et invente encore un cinéma imbibé de références
. Oscar va jouer un banquier, une mendiante, un ouvrier de Motion Capture, l'assassin de son double, croisant Kylie Minogue et surgissant en satyre des égouts dans les allées du Père Lachaise pour dérober Eva Mendès à un photographe de mode ... cherchant à chaque fois, dit il "la beauté du geste". Comme lui répond Piccoli passant en un clin d'oeil au passé, "La beauté est dans l'oeil de celui qui regarde"



                  Je voudrais finir en citant Jacques Siclier, critique de Cinéma lui aussi disparu qui eut pour parler des Amants du Pont Neuf la plus belle définition du cinéma de Carax


"Les Amants du Pont Neuf restera peut être, et je le dis comme un compliment, comme l'expression suprême d'un narcissisme obstiné à élaborer un cinéma total"

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