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mercredi 3 juillet 2013

Le village du pêché

Le Village du pêché est  un film soviétique muet en noir et blanc datant de 1927.



        Il a été réalisé par Olga Preobrazhenskaya (selon la jaquette de mon DVD) ou Préobragensky selon le même DVD.

Ne connaissant que fort peu le cinéma soviétique  je ne saurais vous dire s'il est exceptionnel à l'époque qu'une femme réalise des films. ( pour mémoire permettons nous au moins ce petit rappel, le premier réalisateur de l'histoire du cinéma fut une réalisatrice ) .

L'histoire se déroule dans la communauté villageoise de Riazan juste avant que la Russie rentre dans la guerre de 1914. Alors même que'il a été réalisée en 1927 le film ne semble nullement faire oeuvre de propagande en faveur du régime soviétique. Il décrit longuement des scènes de vie paysanne, en pleine empathie avec la nature. Scènes avec des lavandières, récolte, mariage, fête de village tout ceci décrit avec un luxe de détails.



  Ses scènes sont plendides, grâce à la photographie de Konstantin Kuznetsov qui compose une image qui tient des tableaux des photographes pictorialistes. Ceci est souligné par la musique composée par Serguei Dreznin dans la version restaurée, par l'université de Chicago,  qui comporte des mélopées prenantes de femmes de Riazan enregistré parfois il y a plus d'un demi siècle. L'ensemble tient déjà en soi du chef d'oeuvre. Mais ce n'est pas tout.

Ce qui compte c'est aussi ce que la réalisatrice fait avec ses personnages. Son scénario a été coécrit avec Boris Atshuler, mais on sent dès le début de quel côté il penche.

Nous sommes donc en 1914, au printemps. Le film débute avec des lavandières se moquant du fermier Vassily Shironine qui tente de passer difficilement avec son chariot  à travers le lac.

Anna et Ivan tombent tous deux amoureux, se marient donc et s'installent dans la famille de Ivan. La nouvelle de la guerre survient. Ivan doit donc partir avec tous les jeunes mâles du village pour rejoindre l'armée.
Anna se retrouve seule dans la maison dominée par le patriarche, Vassily Shironine.


La réalisatrice décrit sans équivoque combien celui ci domine toute sa maisonnée en distribuant des cadeaux au femme qui sont à son service selon ses caprices.  Il fait des avances à Anna et finit par la violer ( même si on peut considérer que la scène n'est pas aussi explicite que cela on devine clairement qu'il a abusé d'elle. Que ce type de thématique puisse être abordé en 1927, en Russie, pays ou le système de domination masculine devait avoir encore de beaux restes laisse songeur)



Que va t'il arriver de Anna, qui tombe peu après enceinte ? Ivan reviendra t'il de guerre ?
Je vous laisse le découvrir dans le film. Celui ci tient du mélodrame éprouvé. Le muet fait que le jeu se concentre souvent dans le roulement des yeux, qui semblent déployer plus d'énergie que tout le reste du corps, et le battement des bras. C'est un genre. Mais le final, la façon dont une tension est instaurée, à la fois par l'image, le jeu des acteurs et la mélopée lancinante de la musique est admirable.




( Le DVD est distribué aux éditions Montparnasse dans une fort attrayante collection de classique russe au côté du grand Chef d'oeuvre Le Bonheur de Alexandre Medvekine).

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