J'ai appris ce matin que vous avez joué Vendredi dernier sur le plateau de Europe 1 un admirable duo avec votre hôte, M Jean Pierre Elkkabach. Vous vous êtes tous deux, tout en échangeant comme l'usage le veut quelques piques, penché sur la question de savoir comment empêcher Mme Souad Merah de quitter un pays pour éviter qu'elle ne le menace et comment interdire à une ado de 15 ans et quelques de parvenir à regagner la France où elle a effectué une partie de ses études. On voit que vous avez tous deux le sens des priorités devant toutes les menaces qui se présentent. La question de la délinquance financière ne fut, il faut bien entre nous le reconnaitre, évoqué que comme un petit agrément.
Mais surtout vous avez déclaré que Mme Dibrani, adolescente de 15 ans et quelques, a intérêt à agir avec Mme Le Pen, leader, je vous le rappelle, d'un parti d'extrême droite et par ailleurs né en 1968.
car c'est " la même outrance, la même manipulation, le même art consommé du mensonge ! Elle font campagne ensemble visiblement ".
M Cazeneuve, je sais que vos qualités de couteau suisse de votre éminent président ne vous ont conduits que depuis peu Place Beauvau. Les portraits qui sont faits de vous s'accordant sur votre capacité à dévorer des dossiers je ne crois pas pourtant que vous pêchiez en la matière par ignorance.
Je dois par contre vous avouez la mienne.
Je ne sais pas comment un ministre de la République peut évoquer la situation des Rroms sans évoquer le fait que 17 milliards d'euros ont été attribués en 6 ans par l'Union Européenne à la France pour permettre l'intégration des Rroms et que cet argent n'a pas été utilisé. Il ne me semble pas que ceci soit le fait d'une adolescente.
Je ne sais pas comment un ministre de la République peut évoquer la situation des Rroms sans évoquer le fait que ni les pouvoirs publics ni les élus n'appliquent ni la loi dont une directive de M Jean Marc Ayrault au mois d'août 2012. A vous entendre vous et vos collègues du gouvernement vous semblez avoir découvert un gisement inépuisable de courage. Malheureusement il ne vous est jamais venu à l'idée d'en user contre les politiques qui s'en prennent aux Rroms, tel votre prédécesseur M Manuel Valls
Je ne comprends pas et dois simplement constater qu'un homme politique considéré comme aussi équilibré que bien mis peut sans le moindre frissonnement mettre sous le même plan la leader d'un parti d'extrême droite et une adolescente que vous offrez en pâture aux auditeurs de Europe 1, sans même prendre la peine de l'appeler par son nom de famille . Je pourrais vous renvoyer à la circulaire de 1945 qui expliquait que, même s'ils commettaient des délits, les adolescents sont avant tout des personnes que la République se doit de protéger. Mais vous avez bien d'autres intérêts à coeur.
Etant le Ministre de l'intérieur vous allez comme d'ordinaire apparaitre ce soir sur les écrans de télévisions pour annoncer les résultats en France des élections européennes. Il se peut bien que comme les sondages et les commentateurs politiques nous l'annoncent, que ceux ci soient marqués à la fois par une forte montée de l'abstention et une progression sensible de l'extrême droite. Après votre apparition les débats sur les plateaux se feront pour savoir à quoi on doit attribuer ce phénomène. Il se peut bien que la manipulation, le mensonge, la lâcheté de beaucoup y tiennent une part. Vous êtes une personne avisée. Vous avez trouvé bien avant moi de qui il s'agit. Il y a bien pire que le bruit des bottes, le silence de pantoufles.
dimanche 25 mai 2014
M Cazeneuve,
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dimanche 11 mai 2014
Nouveau-Né, Georges De La Tour
Nouveau-Né, Georges de La Tour,
1652 Lunéville, Musée de Rennes,
Saisie Révolutionnaire sur une collection d'émigré.
1652 Lunéville, Musée de Rennes,
Saisie Révolutionnaire sur une collection d'émigré.
http://www.google.fr/imgres?imgurl=http://www.bretagne-musees.fr/var/ezwebin_site/storage/images/collections-et-dossiers/les-chefs-d-aeuvres/nouveau-ne/2152-1-fre-FR/Nouveau-ne_billboard.jpg&imgrefurl=http://www.bretagne-musees.fr/Les-musees/ILLE-ET-VILAINE/Rennes/Musee-des-Beaux-Arts-de-Rennes/Nouveau-ne&h=623&w=764&tbnid=P7xdIoGFUuiw8M:&zoom=1&tbnh=90&tbnw=110&usg=__ms_0ioZlVuIISINYthuOMtsuwjU=&docid=Qzfk8b34Ze5-0M&client=firefox-a&sa=X&ei=zpVvU572HPOb1AXCjoH4Cw&ved=0CFMQ9QEwBA
Le Peintre et son environnement
Georges De La Tour naît le 14 Mars 1593 dans une famille de négociants à Vic Sur Seille, qui est situé à proximité de Metz, sous la protection des autorités francaises.
Il se marie le 2 Juillet 1617 avec Diane le Nerf d'une famille de notables locaux de Lunéville, dans la même région, où il va s'établir peu après.
De sa formation de peintre nous ne savons pas grand chose . A t'il effectué ou non le traditionnel voyage à Rome ? En 1627 la colonie des lorrains regroupe près de 6 000 personnes dans la cité pontificale.( Cf "ABCclaire de George de La Tour", Editions Flammarion, 1997, P 102 ) Est il passé par l'atelier de Bellange, peintre (1575 _1617 ) qui a profondément marqué toute cette génération de peintres lorrains ? On peut au moins constater que sa peinture témoigne de l'influence de Caravage ( 1573_1610 ) notamment ce qu"on appelle la catégorie des " Nuit " ( qui regroupe entre autres " Le Nouveau- Né" , " "Le reniement de Saint Pierre" (1650, 120/160 , Nantes, Musée des Beaux Arts )) et que l'on distingue d'autres tableaux dans l'oeuvre de La Tour , tel que " Le tricheur à l'as de Trèfle", Date indéterminée, 96/ 155, Fort Worth, Kimbell Art Muséum, USA) qui représentent des scènes en plein jour.
La carrière de De La Tour sera une rapide ascension puisqu'il s'établit en 1620 à Lunéville avec des lettres d'exemption signé du Duc Henri II qui l'assimile en partie à un noble et qu'il parviendra à se faire désigner en 1639 " Peintre ordinaire du Roi ".
Après sa mort son oeuvre tombera dans un relatif anonymat . Ce n'est qu'à partir de sa redécouverte par l'historien d'art Hermann Voss dans le début du XX ème Siècle . La paternité de ses toiles lui est rendu .
" Qu'un tel peintre soit resté aussi longtemps inconnu, c'est que nul n'étais mûr pour recevoir ses confidences ". Elie Faure, Histoire De l'Art, L'Art Moderne I, (1ère édition en 1921) P214 dans l'édition Folio essais de Mars 1988 )
Son oeuvre s'inscrit aussi dans le cadre de la contre Réforme
amorcé depuis le Concile de Trente qui s'est déroulé de 1545 à 1563. Celui ci était destiné à répondre à la montée du protestantisme,
avec la création de l'ordre des Jésuites et des dominicains .
De La Tour, dont on pense qu'il était lettré, pourrait avoir été marqué par l'oeuvre de Jean De La Croix, théologien espagnol qui appele les fidèles à retrouver Dieu dans son coeur, avec la nécessité de passer par la Nuit, le dépouillement, l'ascèse.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_la_Croix
http://www.carmel.asso.fr/-Doctrine-de-Jean-de-la-Croix-.html
Par ailleurs ce choix d'une Nativité n'est pas anodin. Dans l'histoire de l'Art ce choix fait date puisque c'est la première représentation d'un nouveau né dans l'histoire de la peinture mais le sujet est sensible aussi pour son auteur qui a perdu certains de ses enfants.
L'oeuvre
Deux femmes, l'une de profil, l'autre de face . La première au double menton attestant de son âge,portant une tunique ceint par une bande noire , de sa main droite tient de seulement trois doigts, pouce, annulaire et auriculaire une bougie tandis que sa main gauche semble épouser le mouvement de la flamme en la dissimulant a moins qu'elle ne s'apprête a moucher la bougie. La seconde aux traits plus délicatement dessiné et aux yeux mi clos eux aussi portant une tunique rouge évoquant la perte de la virginité, les douleurs de l'enfantement. Cette robe est ceint par une bande marron. On décèle plus qu'on ne voit dans ce clair obscur entretenu par le peintre sa coiffe. Elle porte un nourrisson emmailloté. Sa main gauche est saisie dans le mouvement au point que l'on ne saurait dire si elle relâche sa pression sur son enfant ou si elle va l'accentuer. Ce nourrisson semble dormir.
On peut tout d'abord constater l'austérité de ce tableau, point d' auréoles, nul anges ou archanges. Seulement la peinture.
Certains ont pu voir dans ce tableau celui de la mort du Nouveau-Né. On peut interpréter ainsi le fait que ce nourrisson n'ouvre pas les yeux, la sérénité des deux femmes en deuil, le geste de la main de la femme de profil qui voudrait éteindre la flamme, symbole de vie, le relâchement de la main de la mère sur ce corps mort.
Cette hypothèse n'est pas la seule . Décentrons notre regard et concentrons nous sur le véritable personnage principal
de ce tableau, la bougie ou ,pour être plus exact, la flamme. Nous réalisons alors ce qui fait la singularité de cette peinture.
Cette flamme est dérobée aux regards puisque la femme de profil la dissimule de sa main droite. Pourtant c'est sa lumière
qui éclaire toute la scène. Ce tableau est donc bâtie sur la présence/absence d'une figure.
C'est cette absente qui compose toute la mise en lumière de ce tableau. C'est par son entremise que la main de l'ainée étend son ombre bienveillante sur le nourrisson. C'est elle qui n'éclaire qu'en partie le visage de la mère. Ce que représente cette flamme c'est la vive lumière de l'Esprit Saint devant qui la mort est à la fois présente et vaincue.
Pour finir permettons nous de citer René Char, résistant qui saluait ainsi le peintre auteur du tableau du Prisonnier. ( Qu'on reconnait maintenant être celui de Job et sa femme,vers 1640_1645 Huile sur toile, 145 X 97 cm Musée départemental d'art ancien et contemporain d'Epinal )
Il garda durant toute la guerre dans son repaire une reproduction de cette peinture .
" Reconnaissance à George De La Tour qui maîtrisa les
ténèbres hitlériennes avec un dialogue d'être humains "
( Cf " Feuillets d'Hypnos" )
http://www.educnet.education.fr/louvre/ecriture/char2.htmténèbres hitlériennes avec un dialogue d'être humains "
( Cf " Feuillets d'Hypnos" )
Reconnaissance à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténébres hitlériennes avec un dialogue d'êtres humains. Reconnaissa Reconnaissance à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténébres hitlériennes avec un dialogue d'êtres humains. nce à Georges de La Tour qui maîtrisa les ténébres hitlériennes avec un dialogue d'êtres humains.
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dimanche 13 avril 2014
Journée d'ouvrier
le
Fiction : Assemblage subjectif de faits réels, dont certains n'ont pas été inventés.
La douleur le réveilla. Il était en chien et en sueur sur son lit. Il avait égaré sa nuit, sentait cette sorte de rouille d'usure et de fatigue sur ses muscles. Il ne parviendrait pas à se rendormir. Ni à se réveiller. Cet entre deux de foireux. Temps que cette semaine aussi s'achève. Il n'était que 5 h du matin.
La douleur le réveilla. Il était en chien et en sueur sur son lit. Il avait égaré sa nuit, sentait cette sorte de rouille d'usure et de fatigue sur ses muscles. Il ne parviendrait pas à se rendormir. Ni à se réveiller. Cet entre deux de foireux. Temps que cette semaine aussi s'achève. Il n'était que 5 h du matin.
La
cafetière fumait. Il s'installa avec sa tasse face au velux pendant que sa platine passait Ring of fire de Johnny Cash en sourdine. En se
contorsionnant un peu contre le mur il pouvait trouver une position
ou il ne morflait pas trop. Au loin il apercevait les lumières des
éoliennes sur la colline voisine. Un mec lui avait raconté un jour
combien ils avaient des problèmes avec les chauve-souris. Ces
bestioles avaient pourtant des radars. Mais comme elles volaient en
groupe, elles avaient tendance à faire confiance à la voisine pour
veiller au grain et débrancher le radar, comme on déconnecte la
Wi-fi. Les éoliennes ne figuraient pas encore dans leur GPS, elles
se prenaient l'obstacle dans la gueule. Donc pour protéger les
éoliennes il fallait leur démontrer que le danger pouvait être
mouvant, qu'il fallait savoir bien l'identifier sous des masques, garder une vigilance collective,
que c'est autant toi qui protège le groupe que le groupe qui te
protège. C'est vraiment rien que bête une chauve-souris. Ce serait
une histoire à raconter à la gamine ce WE. L'appart' était pas
trop mal rangé. Elle aurait bien quelques trucs à mettre en dawa.
Il décida d'aller au boulot à pied. Il avait bien le temps, ça ne
commençait qu'à 7 h 30. Et il n'avait pas encore de quoi faire
réparer sa voiture.
C'était
la pleine lune, à cette heure ci il n'y avait que quelques chats
dans les rues et il ne croisa même pas de poids lourds. La reprise
devait se lever plus tard.
Quand
il arriva en salle de pause il y avait déjà 3 caristes qui se prenaient un
café en attendant les premiers camions.
«
Alors comment que c'est, t'es venu à pattes? Tu te mets au sport
sous la pluie maintenant?»
«Boh
il ne pleut pas. Juste un peu de bruine quoi.»
«
T'as eu de la chance. Il y a eu une saucée hier soir. T'aurais bien
pu te la prendre»
«
Mais non, c'est calmé. On aura juste un un peu de crachin
Le
mécano arriva, mine chafouine, farfouillant dans son bleu de travail
pour trouver de quoi s'offrir un café au distributeur
«
Ils vont me faire foller. Sérieux. Devinez sur qui je viens de
tomber, l'autre du service qualité qui me dit qu'elle ne m'a pas vu
me laver les mains, je viens de le faire dans les toilettes elle me
dit qu'il faut que je le refasse dans le couloir pour qu'on me voit
s'il y a un audit des services hygiène »
« Tu
sais très bien que si on loupe un audit, la boîte risque de cabaner
et on va tous se retrouver à la chôme »
«
Mais bordel de cul si c'est pour me faire voir tant qu'on y est je
peux bien faire payer des tickets. Au lieu de me les courir ils
feraient mieux tous de passer à l'atelier 42. Sérieux, tu connais
la dernière ? La sortie de secours comme deux tordus l'ont
utilisés comme raccourci le chef l'a barré « pour raison de
sécurité » Une sortie de secours. Sérieux. Ils vont me faire
foller. Tiens, regardez la dernière note de service de la direction.
C'est sympa»
Il
sortit de sa poche une feuille chiffonnée qu'il étala sur la table
pour pointer du doigt du doigt deux lignes soulignées au rouge sous
les yeux de ses collègues
«
Notre entreprise investit dans
la qualité humaine en recrutant 3 cadres venus de la concurrence.
Les rumeurs de plan social sont donc parfaites et non avenues.»
« Ils
sont forts »
« C'est
la secrétaire qui a tapé ça ? »
Même
si c'est la secrétaire le directeur l'a signé. Mais c'est pas sa
première fois.
Ils
viennent de la concurrence, quelle boîte?
« Furinoir »
« Nan
Furinoir c'est chez nous, c'est juste une filiale »
T'es
sûr ? Si c'est la même boite que nous pourquoi ils portent pas
le même nom ?
Nan,
mais je crois que c'est une boite qu'ils ont racheté parce qu'elle
faisait pareil ou alors ils en ont créé une pour faire autre
chose. Je sais pas trop »
Il
était déjà près de 7 h 30. Il quitta ses collègues pour partir bosser
Arrivé
dans l'atelier il réalisa que Ahmed et antoine étaient absents. Il
interpella l'élue du CHSCT.
«
Mais il n'y a pas de mecs avec moi sur la ligne ? Je vais
tourner avec qui moi ? T'as vu l'état de mon dos ? »
«
Oh Mille-malheurs ça va bien, pleure toujours, tu pissera moins !
Depuis le temps qu'on vous dit au syndicat qu'il faut réorganiser
les postes pour qu'ils ne soient pas séparés entre ceux des hommes
et des femmes. Vous êtes bien contents les mecs d'être les seuls à
porter les bacs, du coup il n'y a que vous comme conducteur de ligne
dans cet atelier. Quand on ne sait pas être solidaires avec le groupe faut pas s'étonner quand ça te tombe sur le rab personnellement »
Il
se mit à son poste, soulever des bacs pour les poser sur les rails
qui les entrainaient jusqu'aux collègues qui mettaient les produits
en carton. Ça tirait dès le début. Chaque bac pesait au moins 10
kg et la ligne tournait bien à 200 bacs à l'heure. A la fin de la
matinée il avait un mal de chien aux épaules. Il profita de la
pause du midi pour aller s'allonger dans le parc. Il ne lui restait
plus que 4 heures à tirer. La semaine l'achevait. Arthur lui raconta
comment il avait obtenu une prescription du médecin pour un corset.
Revenu
au boulot à 13h ça allait un peu moins pire. La ligne tournait
moins vite puisque les ordinateurs ramaient pour obtenir les
commandes. Ça lui permettait de souffler un peu. Au bout d'un
moment, il se posa contre la palette dans la position où il morflait
un peu moins. Il pensait à sa fille, ce Week-end avec elle serait
une friandise, trop bon, trop court, elle engloutirait les
pâtisseries, voudrait qu'il mette tous ses vinyles, contemplerait la
façon qu'ils avaient de danser sur la platine, lui raconterait ses
séances chez l'ortho à se mettre les mots du bon côté et garder
son nom bien propre.
«
Ah. Je vois que ce n'est pas difficile pour tout le monde. Vous vous
reposez bien ? On se la coule douce ? »
Le
sourire de Xavier Bertrand sur la tronche de M Drumond Il ne l'avait
pas vu arriver, ce devait être un cadre, vu sa blouse blanche.
«
Mais la ligne est arrêté. Je me contente d'attendre que ça
redémarre »
« Je
vois que vous avez envie de jouer. Je vais vous dire. Je suis le
Numéro 2 de cette entreprise. Je peux vous dire que je sais plus
jouer que vous. Vous allez me voir »
Le
mec se barra à grandes enjambées, moulinant avec ses bras avant de
rentrer dans le local de l'atelier.
Vers
15 h son chef d'atelier passa, se lissant la moustache
«
Bon. Toi tu as fini ta journée. Tu peux rentrer. »
«
Mais je n'ai fait que 6 h !! Tu sais bien que je veux prendre
des RTT pour le RDV de ma gamine chez l'ortho. Si tu me bouffe déjà
mes heures ça va pas le faire »
«Oh
c'est bon. De toute façon vu comment tu avance aujourd'hui c'est ce
que tu as de mieux à faire. Et puis on verra bien ce jour là. Pour
aujourd'hui tu rentre. C'est bon »
Sorti
des bâtiments il s'arrêta un instant pour habituer ses yeux au
soleil qui était au plus haut à cette heure ci. Il tapota sur son
portable pour voir ses messages. Il avait un SMS d'alerte de la
banque postale pour son découvert. Derrière lui il entendit
quelqu'un, marchant vite et parlant fort. Il se retourna, c'était
Mme Damoizeau la députée socialiste et son attaché parlementaire
qu'il avait souvent croisé lors de la campagne.
Elle
lui tendait la main, aussi souriante et énergique que d'ordinaire.
« Tiens.
T'es sorti tôt »
« Euh
ouais. Y a pas trop de boulot ces temps ci. Mais je ne savais pas
que tu passais. Personne m'avait dit au syndicat »
« Oh
je suis juste passé rapide voir la direction pour faire le point. Je
ne vais pas avoir le temps de passer au CE. Tu vas par où toi ? »
«
Je passe à l'école, récupérer ma fille. »
«
Je vais te déposer. C'est sur ma route pour la permanence »
Ils
montèrent tous deux dans le Break. Mme Damoizeau parlait toujours
aussi vite et aussi fort en martelant parfois le volant
J'ai
vu votre nouveau directeur tu sens qu'il a envie de se mobiliser. Et
les nouveaux bureaux sont bien fonctionnels. Tu les a vu ? »
« Euh
non je ne vais pas souvent dans les bureaux en fait »
« Tu
dois bien passer quelque fois au CE quand même ? »
«
Euh ouais mais le local du CE est dans les préfabriqués depuis 6
mois parce qu'il fallait refaire les locaux »
«Oh.
Oui enfin tu sais les élus du CE, ils sont un peu comment dire un
peu laborieux. Ils ne se rendent pas compte qu'il il y a un travail
capital aujourd'hui. Si on veut respecter le programme du Bourget il
faut restaurer la compétitivité des entreprises. Faut en finir avec
les tabous. Baisser le coût du travail, réduire les charges. Faut
tous se mobiliser ensemble quoi »
Il
ne répondit rien. Son siège était moelleux. Il luttait un peu
contre le sommeil.
Ils
étaient déjà arrivés près de l'école. Mme Damoizeau le déposa
avant de redémarrer en trombe.
Il était plus qu'en avance, choisit de regarder ses mails sur son smartphone. Un mail d'une agence de voyage s'affichait, lorsqu'il l'ouvrit il vit l' image d'un couple enlacé sur son fond de coucher de soleil
avec ce slogan " Faire de votre séjour des journées merdeilleuses ". Il soupira en fermant l'onglet.
Les grappes d'enfants sortirent en trombe de la cour de l'école
juste après la sonnerie pour sauter dans les bras de leurs parents ou s'engloutir directement
dans des voitures. Sa fille trainait pour une fois derrière, la mine boudeuse ,
tirant d'une main sur son pull qu'il devrait encore raccomoder et sur son cartable à roulettes derrière elle. Lorsqu'il
l'appela elle s'arrêta pour ouvrir son cartable et en sortir une
enveloppe qu'elle lui tendit solennellement
«
Mme m'a donné çà pour toi »
C'était
un courrier de l'administration scolaire. Il parcourut rapidement les
circonvolutions d'usage avant d'en arriver au propos
«
M dans le cadre d'une enquête nous avons demandé aux élèves
de remplir un questionnaire concernant leur parents. Il se trouve que
sur une question concernant la profession du père votre fille
a mis pauvre dans la case. Nous vous informons que vous avez
la possibilité de contacter l'assistante sociale si votre situation
le nécessite et vous demandons dans quelle
catégorie socio-professionnelle nous devons vous
mettre. »
Il
demanda à Leïla de lui donner un stylo, pris son 4 couleurs Hello
Kitty et barra le courrier de 5 mots en lettres rouges avant de le
glisser dans la boite aux lettres de l'école Tristan Corbière et de
glisser à sa fille que ce Week-end commençait par un passage à la
pâtisserie
«
Mettez
moi tous
en
colère »
Ce texte est dédié aux colères insatiables.
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dimanche 2 février 2014
La célibatitude
La célibatitude, c'est prendre le temps de débattre sur Twitter
La célibatitude, c'est repenser avec un scrogneugneu de l'âme à cette Laëtitia Dupré qui te répondit négligemment " Non, mon copain il veut pas " alors que tu lui proposais JUSTE UN CAFE
La célibatitude, c'est répondre par un mail l'interrogeant pour savoir si elle a passée une bonne journée à cette Samantha Vautour qui t'écrit de l'équateur pour t'entretenir sur une énorme transaction financière.
La célibatitude, c'est proposer une visite de Rennes centre impliquant Parlement, Thabor, meilleurs bars de la rue de la soif et bouquinistes à une malheureuse étudiante chinoise qui voudrait juste savoir ou se trouve le CROUS.
La célibatitude, c'est le temps de silence que tu laisse après avoir demandé " et toi, ta journée " à ta cafetière.
C'est avoir viré la date d'anniversaire sur ton FB parce que bon
La célibatitude, c'est repenser avec un scrogneugneu de l'âme à cette Laëtitia Dupré qui te répondit négligemment " Non, mon copain il veut pas " alors que tu lui proposais JUSTE UN CAFE
La célibatitude, c'est répondre par un mail l'interrogeant pour savoir si elle a passée une bonne journée à cette Samantha Vautour qui t'écrit de l'équateur pour t'entretenir sur une énorme transaction financière.
La célibatitude, c'est proposer une visite de Rennes centre impliquant Parlement, Thabor, meilleurs bars de la rue de la soif et bouquinistes à une malheureuse étudiante chinoise qui voudrait juste savoir ou se trouve le CROUS.
La célibatitude, c'est le temps de silence que tu laisse après avoir demandé " et toi, ta journée " à ta cafetière.
C'est avoir viré la date d'anniversaire sur ton FB parce que bon
samedi 28 décembre 2013
Des frétillements de l'âme d'un bibliophile
Ces dernières semaines il a été questions dans les revues, les magazines ou les émissions de divers désagréments que rencontre un peu le monde de la librairie et aussi toute la faune qui gravite autour du Livre. C'était bien intéressant. J'en ai lu quelques uns, distraitement. Ca disait entre autre choses que le monde de la librairie traverse une crise mais qu'elle peut la surmonter si elle sait retrousser ses manches sur ses bras musclés pour inventer un nouveau modèle économique. Bon. Comme ça le raisonnement a l'air de se tenir. Notez l'autre jour, pour voir j'ai dit " il faut un nouveau modèle économique pour les librairies ". Tout fort. Dans la queue à la boulangerie. Ben les gens m'ont regardé bizarre. Et arrivé à la caisse le boulanger m'a filé mon pain complet et mon Kouign Amman avec un regard genre faudrait voir à pas recommencer. donc bon. Surtout que la librairie dans mon patelin ils n'ont pas l'air de se poser tant de question. Juste un jour le patron m'a demandé s'il était bien le dernier Houellebecq que je lui avait acheté. Parce que pour son cousin, ben peut être.
Ce que je sais aussi c'est que aujourd'hui alors que je me rendais dans un Bar librairie BD que j'affectionne à Vannes j'ai vu cette petite affiche
Ce que je sais aussi c'est que je vois la librairie l'Imaginaire à Lorient connaitre cette longue agonie. Cette librairie réputé avec ses rayons fournis ou l'on voit semaine après semaine, pièce après pièce, l'espace se restreindre et bientôt les vendeurs vous dire " nous sommes désolés. On ne peut plus passer de commande " et que c'est pas glop.
Ce que je sait aussi c'est que ce bouquiniste que j'affectionne particulièrement à Rennes, à côté du Parlement
Je l'ai découvert à Rennes, jeune lycéen il y a près de 20 ans. A l'époque je fréquentais les bouquinistes surtout pour trouver des éditions d'occases pour tous ces classiques que les enseignants nous infligeaient. Dans cette boutique au début je demandais au patron s'il avait Tartuffe, Germinal ou tel autre pensum. Généralement il sortait l'ouvrage d'une pile et essuyait parfois la poussière qui s'y était déposé. Puis tu te prends au jeu. tu finis par t'aventurer dans la boutique. C'est à dire une grande pièce avec une immense table, garni d'innombrables étagères et autant de rayonnages au mur. Il m'a fallu des mois d'exploration dans cette pièce pour comprendre qu'elle était rangée suivant une méthode rigoureuse dont je posssède encore quelques rudiments.
Lorsque vous entrez sur votre droite vous devez avoir des romans noirs, en avancant un peu vous découvrez sur un présentoir des romans de poche essentiellement de la fiction, se répartissant entre Folio, livre de poche et Garnier Flammarion ( à l'usage je recommande plutôt pour les classiques le Garnier Flammarion, pour les notes). Sur votre gauche sur la table des ouvrages de sciences humaines. Avancons encore (mais je vous recommande de faire attention de ne pas faire s'effondrer des édifices livresques en les bousculant). Arrivé au bout de la pièce, tournez vous sur votre gauche ( la pièce à côté relève du privé, même après des années de fréquentation de cette boutique je n'y ai jamais mis les pieds. L'intimité) et penchez vous. Vous avez là des piles de l'Avant Scène et toute une variété d'ouvrages sur le théâtre et subséquemment des ouvrages sur le cinéma. Plus haut sur les étagères une quantité d'ouvrage sur l'histoire ou l'on pouvait trouver un ouvrage de la revue Esprit sur les militants chrétiens de gauche dans les années 70, l'autobiographie de Maurice Thorez Fils du peuple ou cet ouvrage de Jacques Marteaux sur l'église de france face à la révolution marxiste ( les vrais savent); En continuant le tour de piste sur votre gauche vous aviez quelque part un rayon littérature russe qui fit mon bonheur, un rayon littérature bretonne fort sympathique.
C'est dans ce type de lieu que je découvrit des ouvrages aussi indispensable à tout honnête homme que " La surcharge sexuelle de la psyché comme source d'inspiration artistique" ou un "manuel du soldat suisse". J'ai aussi avec un frétillement de l'âme découvert sous une pile de livres l'ouvrage de Gordon Craig " l'art du Théâtre " datant de 1943.
Pour te dire le jour ou j'ai rencontré Peter Brook et que j'ai cité l'ouvrage il m'a regardé en levant le sourcil " Mais vous l'avez trouvé où ? " . Frétillement de l'âme te dis je.
Il se trouve que ce M a choisit après 30 et quelques années de fermer boutique. Pendant les 6 mois qui vont suivre il brade. Il y a des affaires à faire. J'ai discuté, un peu. Visiblement les affaires ne sont plus ce qu'elles étaient. Son commerce périclite. Les clients qui ne viennent plus. Les étudiants qui ne viennent pas.Il est d'usage d'incriminer ce goût qu'a chaque époque de ne pas ressembler à celle qui lui a précédé. Mais il se trouve que par hasard j'ai croisé il y a quelques temps un autre bouquiniste que je connais aussi un peu. Entre autre choses on a discuté de celui ci. Il était au courant de son départ prochain à la retraite, m'a dit combien ceci le chagrinait aussi. Il avait vu aussi combien malheureusement celui ci, qui lui avait presque appris le métier au début avait manqué l'évolution de son métier. Il ne vends aucune bande dessinée, ne s'est jamais mis aux livres d'art et encore moins l'ésotérique. aujourd'hui les bouquinistes savent se diversifier et vont même consulter tel ou tel site sur Internet pour déterminer le prix auquel ils vont vendre un livre. Les seuls cotes que pouvait avoir Francois Corre c'est de vous glisser en confidence que les Thibault, les gens ne les achetaient plus ( c'était avant le mauvais téléfilm avec Jean Yanne) et que donc il n'en vendait pas, à son grand regret . Maintenant il se désole de voir doucement tout ceci disparaitre et de ne pas trop savoir ce
qu'il va bien pouvoir faire de sa retraite, rentré dans le Finistère.
Voilà. Tout ceci pour dire mon infini reconnaissance à ce bouquiniste, pour tous ces frétillements de l'âme que parfois le simple fouiner dans sa boutique m'a procuré. J'espère encore que quelque soit les modèles économiques que les bouquinistes ou les librairies se choisissent ou se voit imposer ceci sera encore possible.
Ce que je sais aussi c'est que aujourd'hui alors que je me rendais dans un Bar librairie BD que j'affectionne à Vannes j'ai vu cette petite affiche
Ce que je sais aussi c'est que je vois la librairie l'Imaginaire à Lorient connaitre cette longue agonie. Cette librairie réputé avec ses rayons fournis ou l'on voit semaine après semaine, pièce après pièce, l'espace se restreindre et bientôt les vendeurs vous dire " nous sommes désolés. On ne peut plus passer de commande " et que c'est pas glop.
Ce que je sait aussi c'est que ce bouquiniste que j'affectionne particulièrement à Rennes, à côté du Parlement
Je l'ai découvert à Rennes, jeune lycéen il y a près de 20 ans. A l'époque je fréquentais les bouquinistes surtout pour trouver des éditions d'occases pour tous ces classiques que les enseignants nous infligeaient. Dans cette boutique au début je demandais au patron s'il avait Tartuffe, Germinal ou tel autre pensum. Généralement il sortait l'ouvrage d'une pile et essuyait parfois la poussière qui s'y était déposé. Puis tu te prends au jeu. tu finis par t'aventurer dans la boutique. C'est à dire une grande pièce avec une immense table, garni d'innombrables étagères et autant de rayonnages au mur. Il m'a fallu des mois d'exploration dans cette pièce pour comprendre qu'elle était rangée suivant une méthode rigoureuse dont je posssède encore quelques rudiments.
Lorsque vous entrez sur votre droite vous devez avoir des romans noirs, en avancant un peu vous découvrez sur un présentoir des romans de poche essentiellement de la fiction, se répartissant entre Folio, livre de poche et Garnier Flammarion ( à l'usage je recommande plutôt pour les classiques le Garnier Flammarion, pour les notes). Sur votre gauche sur la table des ouvrages de sciences humaines. Avancons encore (mais je vous recommande de faire attention de ne pas faire s'effondrer des édifices livresques en les bousculant). Arrivé au bout de la pièce, tournez vous sur votre gauche ( la pièce à côté relève du privé, même après des années de fréquentation de cette boutique je n'y ai jamais mis les pieds. L'intimité) et penchez vous. Vous avez là des piles de l'Avant Scène et toute une variété d'ouvrages sur le théâtre et subséquemment des ouvrages sur le cinéma. Plus haut sur les étagères une quantité d'ouvrage sur l'histoire ou l'on pouvait trouver un ouvrage de la revue Esprit sur les militants chrétiens de gauche dans les années 70, l'autobiographie de Maurice Thorez Fils du peuple ou cet ouvrage de Jacques Marteaux sur l'église de france face à la révolution marxiste ( les vrais savent); En continuant le tour de piste sur votre gauche vous aviez quelque part un rayon littérature russe qui fit mon bonheur, un rayon littérature bretonne fort sympathique.
C'est dans ce type de lieu que je découvrit des ouvrages aussi indispensable à tout honnête homme que " La surcharge sexuelle de la psyché comme source d'inspiration artistique" ou un "manuel du soldat suisse". J'ai aussi avec un frétillement de l'âme découvert sous une pile de livres l'ouvrage de Gordon Craig " l'art du Théâtre " datant de 1943.
Pour te dire le jour ou j'ai rencontré Peter Brook et que j'ai cité l'ouvrage il m'a regardé en levant le sourcil " Mais vous l'avez trouvé où ? " . Frétillement de l'âme te dis je.
Il se trouve que ce M a choisit après 30 et quelques années de fermer boutique. Pendant les 6 mois qui vont suivre il brade. Il y a des affaires à faire. J'ai discuté, un peu. Visiblement les affaires ne sont plus ce qu'elles étaient. Son commerce périclite. Les clients qui ne viennent plus. Les étudiants qui ne viennent pas.Il est d'usage d'incriminer ce goût qu'a chaque époque de ne pas ressembler à celle qui lui a précédé. Mais il se trouve que par hasard j'ai croisé il y a quelques temps un autre bouquiniste que je connais aussi un peu. Entre autre choses on a discuté de celui ci. Il était au courant de son départ prochain à la retraite, m'a dit combien ceci le chagrinait aussi. Il avait vu aussi combien malheureusement celui ci, qui lui avait presque appris le métier au début avait manqué l'évolution de son métier. Il ne vends aucune bande dessinée, ne s'est jamais mis aux livres d'art et encore moins l'ésotérique. aujourd'hui les bouquinistes savent se diversifier et vont même consulter tel ou tel site sur Internet pour déterminer le prix auquel ils vont vendre un livre. Les seuls cotes que pouvait avoir Francois Corre c'est de vous glisser en confidence que les Thibault, les gens ne les achetaient plus ( c'était avant le mauvais téléfilm avec Jean Yanne) et que donc il n'en vendait pas, à son grand regret . Maintenant il se désole de voir doucement tout ceci disparaitre et de ne pas trop savoir ce
qu'il va bien pouvoir faire de sa retraite, rentré dans le Finistère.
Voilà. Tout ceci pour dire mon infini reconnaissance à ce bouquiniste, pour tous ces frétillements de l'âme que parfois le simple fouiner dans sa boutique m'a procuré. J'espère encore que quelque soit les modèles économiques que les bouquinistes ou les librairies se choisissent ou se voit imposer ceci sera encore possible.
mardi 5 novembre 2013
sur la route de Kemper
Sur la route de Kemper,
Chère Camille,. Je suis morbihannais, ouvrier depuis plusieurs années déjà et par ailleurs j'ai fait le choix de Quitter le Parti il y a de cela quelques semaines lassé que les rodomontades vallsiennnes dissimulent les reculades de Hollande.
Je ne viens pas ici défendre les écologistes. Ils se défendent bien assez tout seul. Je ne viens pas parler de Mélenchon. Il s'enfonce bien assez tout seul.
C'est plutôt ta défense des patrons qui m'a interpellé. Tu écris que " ce sont les « patrons voyous qui ont plongé la Bretagne dans le lisier »
comme on me l’a fait remarquer, mais pourquoi ont-ils fait cela ? Qui
leur a fait croire que ce système productiviste était l’avenir ?" Ben tu vois j'ai relu ta phrase plusieurs fois depuis hier soir , j'y réfléchis encore en écrivant ces lignes et je reste encore pantois. Mais si c'était le cas je recommanderais chaleureusement à ces êtres
sensibles d'abandonner leur entreprise au main des salariés par le biais
d'une SCOP. Hamon a bien bossé sur ce sujet et les salariés ne feront
pas pire que ce qu'on a déjà vu.Veux tu vraiment nous faire croire qu'un patron comme Charles Doux, 145 e fortune de France depuis ^plusieurs années a choisi de construire un groupe industriel d'un fort beau gabarit seulement abusé par je ne sais quel gourou alors que lui ce dont il rêvait c'était de fonder un phalanstère avec ses potes ? Veux tu passer sous silence le fait que Charles Doux a réussi à duper ses salariés en les licenciant, ses éleveurs payés à plus de 130 jours, ses consommateurs avec ces poulets fourgués comme halal alors qu'il ne l'était pas et ces primes accordés aux dirigeants alors que le groupe était déjà dans le rouge et ces pouvoirs publics placé devant le fait accompli lors du plan social . A tu vu une fois le Medef se désolidariser ? Veux tu vraiment nous faire avaler comme si nous étions des adhérents de l'UMP que les patrons du Medef seraient les premières victimes de la crise ? Veux tu ignorer toutes les luttes sociales menées de haute lutte dans ces usines depuis des années pour obtenir de meilleures conditions de travail, de meilleures salaires ou bien parfois simplement pour sauver des emplois en danger ? Veux tu ignorer le fait que bien souvent, trop souvent il n'y avait même plus ces luttes, même plus ces grève juste de la résignation qui s'abat comme des briques sur les têtes parce que tout était perdu ? J'ai travaillé chez Doux à Locminé. Il m'en reste encore de la colère, des poings qui se serrent et la certitude absolue que ceux qui ont décidé de cette fermeture n'ont pas les mêmes intérêts que moi, même s'ils prennent en souriant les flyers de l'UDB ou du NPA. J'ai contemplé avec stupéfaction la résurgence de la revendication des primes à la restitution. Ces primes à l'export étaient sur la sellette depuis au moins le début du XXIe siècle et avaient même été évoqué lors du Cycle de Doha. Ce sont ces primes à l'export qui ont en grande partie destabilisés l'agriculture vivrière dans des pays comme le sénégal parce que les poulets de l'UE étaient vendus bien moins cher que les poulets locaux. Une rente de situation pour l'industrie agro alimentaire. Tous les syndicats de l'agro alertaient depuis des années sur la disparition programmée de cette aide. Que croyez vous que fit le patronat ? Il vient encore de mobiliser ses salariés pour récupérer sa rente en assurant qu'il n'a pas eu le temps de se préparer. Mais par contre ce sont les bureaucrates parisiens qui ne comprennent pas les réalités. Tu ne t'es pas demandé si derrière ce vocable de "bureaucrate parisien" dans la bouche de ces bien aimables patrons il ne fallait pas entendre " inspecteurs du travail " ou " service hygiène " ?
Les vies d'ouvriers pour de tels gens sont de simples jeux.
Pour ce qui est de la FNSEA et de son aptitude admirable à socialiser les pertes et privatiser les bénéfices il suffit d'entendre Thierry Merret qui lui aussi réclamait la fin des réglementations tatillonnes ( qu'on arrête de prêter attention à la qualité de l'eau en Bretagne pour le dire plus clairement) retour aux primes à l'exportation. C'est que l'on a à la FNSEA un discours aux médias pour dénoncer les ronds de cuirs de l'administration et en pratique un goût pour la rente et une sainte horreur de toute avancée vers la transition écologique qui remettrait en cause leur modèle.
Parce que oui j'assume sans le moindre problème le fait que la Bretagne va bien devoir y passer elle aussi à la transition écologique et que la taxation des transports ne me paraissait pas la plus mauvaise solution. Ce n'est pas l'écotaxe qui est responsable des milliers d'emplois perdus dans l'agro-alimentaire. C'est un modèle économique épuisé. Parce qu'il ne profite à de moins en moins de monde. Nous devrions saisir cette occasion pour refonder le modèle économique breton. Au lieu de cela c'est Troadec qui ira à Matignon demain au côté du Medef et de Thierry Merret pour la FNSEA. Je vais te faire une confidence. Il n'est pas sûr qu'ils discutent sur la base des flyers de Breizhistance que tu as distribué avec tant d'ardeur. Mais puisque tu t'es si bien entendu avec ces patrons, tu ne devrais pas être trop déçu.
Je suis par ailleurs prêt à souscrire à toute les demandes d'éclaircissement sur le dossier de Ecomouv. Je souhaite qu'une commission d'enquête parlementaire mette tout le dossier sur la table. Mais je ne confonds pas le principe d'une taxe et la façon dont celle ci est mise en oeuvre.
Enfin j'aurais aimé que tu ne paraisse pas réserver pas tous tes coups à la gauche au point d'ignorer que Marc Le Fur qui figurait lui aussi dans la même manifestation que Philippe Poutou, une rencontre qui sur Chatroulette aurait paru improbable, a bien voté l' écotaxe.
Enfin sur le Parti Socialiste. Le fait qu'il se soit fait dérober, en Bretagne, la revendication historique de la décentralisation représente quelque chose. Un peu comme si on s'était fait voler la Loire Atlantique, imposer un aéroport ou piquer le Mont Saint Michel. Mais il faut bien dire aussi que is les bonnets rouges avaient un peu d'élégance ils remercieraient publiquement Pierre Moscovici qui avec son expression de " ras le bol fiscal " a fait plus pour leur préparer le terrain que 10 000 000 de flyers. Mais il parait que nous avons eu une réforme fiscale. On va voir encore des Bruno Le Roux ou des Stéphane Le Foll qui veulent faire passer pour du courage d'aller à Bruxelles proposer de surseoir à l'écotaxe et revenir à la prime à la restitution. Ceux qui nous expliquaient qu'il n'y avait pas d'alternative à leur réforme courageuse des retraites. Les poulets que j'emballe tous les jours à l'usine valent bien mieux que ce courage là.
Mais je te le dis Camille, pour ce qui est du mépris porté au prolétariat, c'est bien toi qui ici te distingue. Je ne te jette pas tant la pierre que cela. J'ai cru longtemps au discours du Bourget. Comme quoi.
Mais ce dont a besoin la Bretagne ce n'est pas que ceux qui l'ont mené à cet échec refassent payer leur échec à tout le monde. Elle a besoin de politique, de débat, de responsabilité. tous les débats doivent être ouverts, sur la décentralisation, la transition écologique .
Tant qu'à faire de conclure je voudrais encore citer Tristan Corbière et l'un de mes vers préférés dédié à cette Bretagne des conquêtes sociales " Ils te croiront morts, les bourgeois sont bêtes ".
Mais je te le dis Camille, pour ce qui est du mépris porté au prolétariat, c'est bien toi qui ici te distingue. Je ne te jette pas tant la pierre que cela. J'ai cru longtemps au discours du Bourget. Comme quoi.
Mais ce dont a besoin la Bretagne ce n'est pas que ceux qui l'ont mené à cet échec refassent payer leur échec à tout le monde. Elle a besoin de politique, de débat, de responsabilité. tous les débats doivent être ouverts, sur la décentralisation, la transition écologique .
Tant qu'à faire de conclure je voudrais encore citer Tristan Corbière et l'un de mes vers préférés dédié à cette Bretagne des conquêtes sociales " Ils te croiront morts, les bourgeois sont bêtes ".
samedi 5 octobre 2013
Quitter le Parti
Quand j’ai adhéré au Parti,
il y a de cela près de 18 ans je n’avais pas, dans le souvenir qu’il m’en
reste, l’idée d’aller faire, comme nous y invite Mr Manuel Valls, Ministre de
l’Intérieur et ses deux matraques, humanité et responsabilité, la chasse aux
miséreux.
Lors du débat du Congrès de
Toulouse revenait comme un refrain, ou un running gag c’est selon, cette figure
imposée « ce congrès se fait sous le regard des médias. Nous devons
apporter notre soutien à la majorité car son score sera commenté comme un
soutien à François Hollande. Rappelons-nous que nous sommes un Parti de
gouvernement ». Les figures imposées en politique ont ceci de plaisant
qu’elles contiennent thèse et antithèse. La minorité rétorqua donc, comme de
bien entendu, qu’il était assez farce qu’après que Hollande ait rassemblé
autant d’électeurs lors de la primaire et une majorité de français lors de
l’élection présidentielle on puisse le réduire à tel ou tel courant, même
majoritaire, du Parti Socialiste. Par ailleurs le Parti, premier de France en
termes d’élus, comptant près de deux cent mille adhérents ne saurait se réduire
à l’activité de ses ministres. Parti de gouvernement, Parti d’élus, Parti de
militants, il doit être tout cela à la fois. Le pouvoir n’est qu’une fin au
service de la Transformation Sociale. Notre mission devra être de continuer à
agir, débattre et nous exprimer lorsque le besoin s’en fait sentir. Nous n’en
sommes plus au temps du Front Républicain lorsqu’en 1957 le siège de la Rue
Malesherbes affichait cet écriteau « Fermé. Pour cause de pouvoir » Fermez
le ban.
Le Parti va avoir aujourd’hui
un Forum sur la lutte contre les extrémismes. Je serais Harlem Désir, et je
vous assure dire ceci avec le plus grand sérieux, je dirais qu’on peut bien
faire l’économie de ce type de rituel et se contenter de demander à Valls des
comptes, rapport de Amnesty International ou communiqués des associations anti
racistes ( MRAP, sos Racisme) ou celle de ce collectif à l’appui. Tant qu’à
faire on pourrait aussi s’excuser de quelques accusations portées contre mélenchon
lors du congrès de Bordeaux du Parti de Gauche. En ce temps-là, nous avions
tous l’accusation de xénophobie bien facile. Il faut croire que le goût nous en
est passé. Il faut dire que quand on entend les propos de ceux qui s'engouffrent dans la brèche vallsienne, on en est à espérer ne pas encore se
prendre de plainte pour propos stigmatisants. Le Parti socialiste en est pourtant
encore à inviter Caroline Fourest, pour parler de lutte contre les extrémismes.
Pauvre Harlem Désir, son rôle n’est pas facile. Du temps de Lionel Jospin à
Matignon au moins la feuille de route du Parti était établie. 35 H, emplois
Jeunes, réduction du cumul des mandats... Aujourd’hui la ligne du hollandisme
tient dans ces propos du président rapportés par une journaliste de l’Agence
France Presse
https://twitter.com/cdelpuech/status/383489194426765312
Entre tenir une ligne et jongler
entre des balles qui sont parfois réelles, convenons que la mission n’est pas
aisée.
Alors ensuite s’étonner que
le Parti n’ait pas daigné s’exprimer publiquement sur les propos de
l’incarnation parfaite de la synthèse de Clémenceau-Blum-Mendès-Rocard-Jospin
et de tous les mannequins homme de Zara comment veux-tu, comment veux-tu…
Pourtant au gouvernement
existe officiellement une ligne, exprimée par une rédigée par les
services de Matignon avec le concours de tous les ministères concernés. Elle a
été signée par tous les ministrescirculaire du 26 août , ou peut s’en faut. Dont le ministre de
l’intérieur, dont Duflot. Je défie quiconque d’y trouver de quoi justifier les
propos du meilleur ministre de l’UMP sur le fait que les Rroms n’auraient pas vocation à
rester en France et que leur mode de vie différerait trop du notre. Ce qui
semble nous amener à une conclusion logique. Mr le ministre des sondages foule
au pied ses propres engagements, sa signature au bas d’un texte officiel. Met
le feu à la plaine, par démagogie. Dit en somme que l’école républicaine n’est
plus capable d’intégrer des enfants. Nous sommes menacés, pauvre de nous, par 20 000 Rroms. Nous construisons l’Europe disait la chanson.
Qui avons-nous vu cette semaine pour simplement rappeler ce qui ne tient même
pas des engagements mais des fondamentaux ? Cécile Duflot faisant le
boulot de Jean Marc Ayrault, et Benoit Hamon. « La République vous
rattrapera » disait Hollande. Le conseiller municipal d’Evry doit
courir bien vite. « Il faut agiter le peuple, disait Talleyrand, avant de
s’en servir ».
Je vois dans les discussions
entre militants, entre élus auquel j’assiste ou ce que je peux entrevoir sur
les Internet la petite musique de fond qui se joue. Nous n’avons plus tant le
choix. Les municipales s’annoncent catastrophique. Nous avons besoin de Valls
pour sauver ce qui peut l’être, les sondages sont formels. Je vous fiche mes 18
ans d’expérience politique que ceci est une connerie monumentale. Les quelques
personnes de droite qui aujourd’hui approuvent le ministre de l’Autorité retourneront
sagement à la maison au moment de l’élection. Tandis que les personnes de
gauche feront le bilan sur l’essentiel, l’emploi, le pouvoir d’achat. Je
déteste cette façon qu’ont beaucoup de ceux qui annoncent leur départ du Parti
de conter ce qui est en somme leur échec sous l’air de qui en attends des
médailles. Parce que l’histoire politique de tout çà c’est qu’on a grave merdé,
camarade, échoué perdu. On quitte le terrain parce qu’il n’y a même plus de
bataille. Le réel, c’est quand on se cogne disait Lacan. Je ne me souviens plus
depuis combien de temps il y eu choc au point que çà produise quelque chose.
Parce que sur ce sujet il n’y a pas eu de bataille. Mr 5 et quelques pour cent
lors de la primaire, qui nous parle tant de courage n’a jamais eu celui de
soumettre ses vues sur ce sujet lors d’un congrès du Parti et s’est bien gardé
d’exprimer le fond de sa pensée lors de la primaire. Il s’est contenté de ces
déclarations face caméra sur l’air de la modernité. On peut encore les
reprendre. Je vous recommande alors un exercice fort amusant, remplacer à
chaque fois le terme de « moderne » par celui de glamour ». Les
deux collent tout autant à son propos. Mal nommer les choses, disait Camus, c'est ajouter à la misère du monde.
Un camarade me disait lorsque
j’ai annoncé mon désir de rendre ma carte que « Lorsque les dégoûtés s’en
vont, il ne reste plus alors que les dégoûtants ». Nous en sommes bien là. Le plus drôle c’est
que je quitte le Parti Socialiste au nom de ce que j’y ai appris. J’étais un
niaiseux de 20 ans dont la culture politique se résumait à fort peu de choses
lorsque j’ai pris ma carte. D’avoir milité, débattu, trébuché, écouté, répété
quantité de fois qu’il ne faut pas tant médire du militantisme, car il nous
offre des déceptions que rien d’autre ne procure, m’a donné des fondamentaux.
Il suffit ensuite d’en tirer des conclusions. Je pars donc avec la conscience d'une dette
envers une belle et bonne part de ceux que j’y ai côtoyé. Comme dirait Serge,
l’exercice a été profitable, Monsieur.
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