samedi 5 octobre 2013

Quitter le Parti



Quand j’ai adhéré au Parti, il y a de cela près de 18 ans je n’avais pas, dans le souvenir qu’il m’en reste, l’idée d’aller faire, comme nous y invite Mr Manuel Valls, Ministre de l’Intérieur et ses deux matraques, humanité et responsabilité, la chasse aux miséreux.

Lors du débat du Congrès de Toulouse revenait comme un refrain, ou un running gag c’est selon, cette figure imposée «  ce congrès se fait sous le regard des médias. Nous devons apporter notre soutien à la majorité car son score sera commenté comme un soutien à François Hollande. Rappelons-nous que nous sommes un Parti de gouvernement  ». Les figures imposées en politique ont ceci de plaisant qu’elles contiennent thèse et antithèse. La minorité rétorqua donc, comme de bien entendu, qu’il était assez farce qu’après que Hollande ait rassemblé autant d’électeurs lors de la primaire et une majorité de français lors de l’élection présidentielle on puisse le réduire à tel ou tel courant, même majoritaire, du Parti Socialiste. Par ailleurs le Parti, premier de France en termes d’élus, comptant près de deux cent mille adhérents ne saurait se réduire à l’activité de ses ministres. Parti de gouvernement, Parti d’élus, Parti de militants, il doit être tout cela à la fois. Le pouvoir n’est qu’une fin au service de la Transformation Sociale. Notre mission devra être de continuer à agir, débattre et nous exprimer lorsque le besoin s’en fait sentir. Nous n’en sommes plus au temps du Front Républicain lorsqu’en 1957 le siège de la Rue Malesherbes affichait cet écriteau « Fermé. Pour cause de pouvoir » Fermez le ban.
Le Parti va avoir aujourd’hui un Forum sur la lutte contre les extrémismes. Je serais Harlem Désir, et je vous assure dire ceci avec le plus grand sérieux, je dirais qu’on peut bien faire l’économie de ce type de rituel et se contenter de demander à Valls des comptes, rapport de Amnesty International ou communiqués des associations anti racistes ( MRAP, sos Racisme) ou celle de ce collectif à l’appui. Tant qu’à faire on pourrait aussi s’excuser de quelques accusations portées contre mélenchon lors du congrès de Bordeaux du Parti de Gauche. En ce temps-là, nous avions tous l’accusation de xénophobie bien facile. Il faut croire que le goût nous en est passé. Il faut dire que quand on entend les propos de ceux qui s'engouffrent dans la brèche vallsienne, on en est à espérer ne pas encore se prendre de plainte pour propos stigmatisants. Le Parti socialiste en est pourtant encore à inviter Caroline Fourest, pour parler de lutte contre les extrémismes. Pauvre Harlem Désir, son rôle n’est pas facile. Du temps de Lionel Jospin à Matignon au moins la feuille de route du Parti était établie. 35 H, emplois Jeunes, réduction du cumul des mandats... Aujourd’hui la ligne du hollandisme tient dans ces propos du président rapportés par une journaliste de l’Agence France Presse



https://twitter.com/cdelpuech/status/383489194426765312
 Entre tenir une ligne et jongler entre des balles qui sont parfois réelles, convenons que la mission n’est pas aisée.
Alors ensuite s’étonner que le Parti n’ait pas daigné s’exprimer publiquement sur les propos de l’incarnation parfaite de la synthèse de Clémenceau-Blum-Mendès-Rocard-Jospin et de tous les mannequins homme de Zara comment veux-tu, comment veux-tu…

Pourtant au gouvernement existe officiellement une ligne, exprimée par une  rédigée par les services de Matignon avec le concours de tous les ministères concernés. Elle a été signée par tous les ministrescirculaire du 26 août , ou peut s’en faut. Dont le ministre de l’intérieur, dont Duflot. Je défie quiconque d’y trouver de quoi justifier les propos du meilleur ministre de l’UMP sur le fait  que les Rroms n’auraient pas vocation à rester en France et que leur mode de vie différerait trop du notre. Ce qui semble nous amener à une conclusion logique. Mr le ministre des sondages foule au pied ses propres engagements, sa signature au bas d’un texte officiel. Met le feu à la plaine, par démagogie. Dit en somme que l’école républicaine n’est plus capable d’intégrer des enfants. Nous sommes menacés, pauvre de nous,  par 20 000 Rroms.  Nous construisons l’Europe disait la chanson. Qui avons-nous vu cette semaine pour simplement rappeler ce qui ne tient même pas des engagements mais des fondamentaux ? Cécile Duflot faisant le boulot de Jean Marc Ayrault, et Benoit Hamon. «  La République vous rattrapera »   disait Hollande. Le conseiller municipal d’Evry doit courir bien vite. «  Il faut agiter le peuple, disait Talleyrand, avant de s’en servir ».

Je vois dans les discussions entre militants, entre élus auquel j’assiste ou ce que je peux entrevoir sur les Internet la petite musique de fond qui se joue. Nous n’avons plus tant le choix. Les municipales s’annoncent catastrophique. Nous avons besoin de Valls pour sauver ce qui peut l’être, les sondages sont formels. Je vous fiche mes 18 ans d’expérience politique que ceci est une connerie monumentale. Les quelques personnes de droite qui aujourd’hui approuvent le ministre de l’Autorité retourneront sagement à la maison au moment de l’élection. Tandis que les personnes de gauche feront le bilan sur l’essentiel, l’emploi, le pouvoir d’achat. Je déteste cette façon qu’ont beaucoup de ceux qui annoncent leur départ du Parti de conter ce qui est en somme leur échec sous l’air de qui en attends des médailles. Parce que l’histoire politique de tout çà c’est qu’on a grave merdé, camarade, échoué perdu. On quitte le terrain parce qu’il n’y a même plus de bataille. Le réel, c’est quand on se cogne disait Lacan. Je ne me souviens plus depuis combien de temps il y eu choc au point que çà produise quelque chose. Parce que sur ce sujet il n’y a pas eu de bataille. Mr 5 et quelques pour cent lors de la primaire, qui nous parle tant de courage n’a jamais eu celui de soumettre ses vues sur ce sujet lors d’un congrès du Parti et s’est bien gardé d’exprimer le fond de sa pensée lors de la primaire. Il s’est contenté de ces déclarations face caméra sur l’air de la modernité. On peut encore les reprendre. Je vous recommande alors un exercice fort amusant, remplacer à chaque fois le terme de «  moderne » par celui de glamour ». Les deux collent tout autant à son propos. Mal nommer les choses, disait Camus, c'est ajouter à la misère du monde.

Un camarade me disait lorsque j’ai annoncé mon désir de rendre ma carte que « Lorsque les dégoûtés s’en vont, il ne reste plus alors que les dégoûtants ».  Nous en sommes bien là. Le plus drôle c’est que je quitte le Parti Socialiste au nom de ce que j’y ai appris. J’étais un niaiseux de 20 ans dont la culture politique se résumait à fort peu de choses lorsque j’ai pris ma carte. D’avoir milité, débattu, trébuché, écouté, répété quantité de fois qu’il ne faut pas tant médire du militantisme, car il nous offre des déceptions que rien d’autre ne procure, m’a donné des fondamentaux. Il suffit ensuite d’en tirer des conclusions. Je pars donc avec la conscience d'une dette envers une belle et bonne part de ceux que j’y ai côtoyé. Comme dirait Serge, l’exercice a été profitable, Monsieur.



jeudi 5 septembre 2013

Appel citoyen contre l'incitation au viol sur Internet


 

Je publie ici une Tribune rédigée par un collectif féministe constitué de blogueuses, blogueurs, militant



Incitation au viol sur un site de coaching en séduction


Nous, militantes féministes et citoyennes, avons récemment dénoncé un site de coaching en « séduction » appelé Seduction By Kamal (1) comme incitant au viol.
Seduction By Kamal est un site d'apprentissage des techniques de « pick up artist », à savoir « artiste de la drague ». Il s'agit de techniques de « drague » et de conseils en matière de sexualité. Le site est gérée par la société SBK Coaching, et génère du profit grâce à la vente de livres numériques (« e-books »).
L'indignation s'est focalisée sur un article violent en accès libre et gratuit. Intitulé « Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE » (2), il nous apparait en réalité comme une incitation au viol, particulièrement toxique en raison de l'aspect éducatif du site.
Nous estimons que les propos sont explicites : pour bien « baiser », l’important est de ne pas tenir compte du consentement de sa « partenaire ». Une capture d'écran est conservée ici. Les extraits les plus choquants sont cités ci-dessous, dans la lettre au Procureur, ainsi que chez la blogueuse Diké (3).
Cet article a été écrit par Jean-Baptiste Marsille, rédacteur web, auto-entrepreneur et écrivain (4). Le directeur de publication du site se fait appeler Kamal (5).
Il ne s’agit pas d’un petit blog isolé. D'après son créateur, ce site reçoit 20 000 visiteurs par jours, le chiffre d’affaire de la société « SBK Coaching» est de l’ordre de 10 000 euros par mois (6). Sa page Facebook est suivie (« likée ») par près de 17 000 personnes. Nous notons aussi que les frais de fonctionnement du site semblent peu élevés, compte-tenu des avantages fiscaux de la Pologne par rapport à la France (7), et du caractère dématérialisé des publications électroniques vendues.
Malgré de multiples sollicitations depuis octobre 2012, Kamal n’a jamais réagi. L’article était toujours en ligne à l'heure où nous écrivons cette lettre.

Depuis 2012, cet article a également été signalé en vain au Ministère de l'Intérieur (www.internet-signalement.gouv.fr). Pourquoi la loi n’est-elle pas appliquée ? Est-ce un problème managérial (manque de moyens pour traiter tous les signalements) ou un problème culturel (mauvaise formation et sensibilisation des agents du Ministère à la misogynie en ligne et à la culture du viol) ?

Nous joignons donc à cette tribune une plainte au Procureur de la République concernant le délit d'incitation au viol en ligne sur la page signalée.

Appel aux autorités et aux acteurs du web : stopper la misogynie en ligne


Ceci dit, notre objectif n’est pas de nous focaliser sur ce seul type de site Internet à la marge, mais sur l'ensemble de la misogynie globalement répandue sur l'espace Internet, et trop tolérée.
De nombreux agresseurs et leurs complices se sentent autorisés, en toute impunité, à exhiber sur Internet leurs infractions misogynes (viol, agression, non-assistance à personne en danger, recel de médias à caractère pédo-criminel...). Leurs victimes sont réduites au silence ou humiliées à l'échelle planétaire, subissant la reproduction perpétuelle de leurs agressions sur les réseaux sociaux.
Comment les Internautes peuvent-ils encourager un tel laxisme envers des criminels, et une telle sévérité envers les victimes ? Certainement à cause d'un amalgame toxique entre sexualité et violence érotisée (culture du viol) combinée à une mauvaise appréciation du sexisme sur Internet, perçu à tort comme “virtuel”. 
Or le sexisme en ligne n'a rien de virtuel : le harcèlement subi par des personnalités connues comme par des adolescentes anonymes (ou qui auraient voulu le rester), le racolage des mineures par les pédo-criminels ou les proxénètes, l'omniprésence des images de femmes hypersexualisées et objectivées, dans les contenus personnels, journalistiques, culturels et commerciaux – clichés parfois pris à l'insu du sujet, l'humour sexiste qui alimente la tolérance envers le sexisme, les discours vindicatifs, stéréotypés et dégradants à l'égard des femmes, tout ceci est bien réel.
Ailleurs, sur le web anglophone notamment, des voix se sont élevées pour exposer l'ampleur de la misogynie sur Internet, et exiger des actions concrètes pour y mettre fin. Ainsi la campagne #FBRape a permis un début de dialogue avec Facebook, dans le but d'améliorer les systèmes d'identification et de modération des discours de haine misogyne (8).

Côté français, l'incitation à haine, à la discrimination ou à la violence est interdite par la Loi sur la liberté de la presse, article 24 (9). Nous exigeons que l’alinéa 7 soit appliqué, à savoir que l’incitation à la violence en raison du sexe, de l’orientation sexuelle ou du handicap soit réellement pénalisée.
Nous demandons également une modification de l’alinéa 6 de cette même loi (concernant l'incitation à la discrimination et à la haine) pour qu'il soit étendu au sexisme. Actuellement seules sont concernées les discriminations et la haine motivées par des raisons ethniques, raciales ou religieuses.
Enfin, nous appelons les pouvoirs publics à mettre en place une plateforme dédiée au signalement de sites misogynes, à la sensibilisation des acteurs du web sur le sujet, et à l'accompagnement des victimes de discrimination, de haine ou de violences misogynes sur Internet.

Nous appelons également les entreprises du web ou présentes sur Internet à mettre en place des pratiques éthiques pour lutter contre le sexisme sur Internet, en coopération avec la société civile.

Collectif féministe et citoyen

Plainte au Procureur


Paris, le 05/09/2013
Lettre R.A.R.
Monsieur le Procureur de la République,
Nous, citoyennes, tenons par la présente à vous signaler les faits délictueux visés par l’article 24 de la Loi sur la Liberté de la Presse qui punit de "cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui (…) auront directement provoqué, dans le cas où cette provocation n’aurait pas été suivie d’effet, à commettre l’une des infractions suivantes : les atteintes volontaires à la vie, les atteintes volontaires à l’intégrité de la personne et les agressions sexuelles définies par le livre II du code pénal".
Sur le site Seduction By Kamal, cette page (URL : www.seductionbykamal.com/comment-bien-baiser - captures d’écran ci-joint) intitulée "Comment Bien Baiser : les 3 Secrets du Hard SEXE" constitue une apologie du viol et une incitation à la violence contre les femmes. Quelques extraits explicites :
·      "Montrez-lui qu’elle n’a pas vraiment le choix"
·      "Attaquez sa poitrine"
·      "créer rapidement une image du mec qui sait ce qu’il veut et qui l’obtient quand il veut".
·      "vous décidez [...] tout est entre vos mains (ou vos cuisses devrais-je dire)"
·      "perdre tout contrôle de la situation est un "turn on" majeur pour les femmes".
·      "appliquez-vous à aller en profondeur et à ne stopper la cadence que quand VOUS le décidez ! Elle se plaint ? Pas pour longtemps ! C’est un phénomène naturel de rejet de l’autorité, mais une fois cette barrière franchie, elle s’abandonnera à vous et vous demandera de la défoncer [...] c’est ça en fait la véritable notion du fameux "BIEN BAISER".
·      "Imposez votre puissance".
·      "Donnez des ordres et soyez inflexible. Ne lui demandez pas gentiment si, éventuellement, vous pourriez avoir une fellation et éjaculer dans sa bouche… La décision est prise, retirez-vous et faites la descendre vers votre sexe afin d’affirmer votre posture."
·      "Si seulement vous saviez combien de femmes rêvent de se faire démonter par un inconnu au chibre géant".
·      "Cette méthode est relativement efficace quand on rencontre une inconnue qui nous ramène chez elle. Si elle en arrive là, c’est sans doute parce qu’au fond, ce qu’elle veut, c’est tirer un coup."
·      "Ne lui demandez pas si vous pouvez la pénétrer comme un animal sauvage, faites-le !"
·      "il vous suffit [...] de laisser parler vos envies, sans vous restreindre. Prenez le contrôle du rapport sexuel et pensez que votre masculinité passe par des coups de boutoir infligés."
·      "ne vous refusez rien".
Nous avons signalé ce lien à internet.signalement.gouv.fr sans aucune conséquence concrète.
La présente faisant valoir ce que de droit.
Copie à
- Monsieur Manuel Valls, Ministre de l'Intérieur
- Madame Vallaud-Belkacem, Ministre des Droits des femmes,
- Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice
- Haut Conseil à l'Egalité entre les Femmes et les Hommes
- Observatoire des Inégalités
- Le Monde
- Le Figaro
- Médiapart
- Rue 89
- Libération
- Les Nouvelles News
- Slate
- Fédération Nationale Solidarité Femmes
- Signalement publié sur internet par une dizaine de blogs

le 05/09/2013




Sources et liens cités dans l'appel :

lundi 2 septembre 2013

Lison

Avec du talent un jour je vous raconterais une histoire et ce sera un roman. Celui d'une grève avec des salariés en lutte contre leur patron et en fait ce sera un peu l'allégorie ( ou la métaphore, j'hésite un peu ) du salariat en lutte contre le patronat.
                 
             Dans mon roman il y aura des personnages. Ce qui est somme toute assez courant.  Mais les miens, tu ne les pas pas rencontré ailleurs.

 






Lison


 



Lison ce sera un personnage important aussi dans le roman.


       Elle sera  intérimaire dans l'usine.  Parce que dans ce canton de quelques 10 000 habitants il y a dans la même commune, 5 agences d'intérims. Oui je sais que ce n'est pas crédible ce genre de choses, que des entreprise puissent autant prospérer sur la précarité. ceci, bien sûr n'arrive pas.

Donc Lison sera intérimaire le temps de ses vacances scolaires, avant de reprendre la fac' de sociologie en je ne sais pas encore quel année , parce que sa bourse ne lui suffit pas pour payer son logement, sa bouffe, ses bouquins, ses fringues, espérer sortir. Ces étudiants sont insatiables Chaque semaine elle recevra par la poste son nouveau contrat. A la fin de ses vacances elle aura de quoi tapisser avec une partie de son studio, qui en a besoin d'ailleurs. Chaque semaine elle attendra le vendredi pour savoir si elle revient le lundi, une sorte de suspense quoi.
Chaque Week end, pour se remettre un peu elle écoutera du Electrelane.








Pendant toute cette période dans cette usine qui sera un peu sa première expérience du monde du travail ce sera un peu un apprentissage. Pas tant des claques dans la gueule, il aurait fallu que les choses se manifestent plus clairement pour cela. Non plutôt de la bruine, ou du crachin .
( Oui la Bretagne partage avec la Normandie la chance d'avoir autant de termes pour désigner la pluie que disons le banlieusard francilien pour désigner un embouteillage. Après nous être lâchement abandonnés aux clichés pour apporter de la respiration à ce récit reprenons nous )
Donc ce crachin insidieux dont on se dit qu'il ne mérite même pas parapluie ou capuche et qui vous laisse pourtant ruisselant au bout de même pas une heure. Pour lison pareil, tout un ensemble d'éléments, de détails, d'ambiances et de situations qui vous imprègnent insidieusement. Le temps qui passe et qui laisse tout un poids de lassitude sur les corps, ces corps comme rouillés, ces esprits résignés et ces espoirs qui ne se formulent même plus, un champ des possibles devenu un terrain vague, Ouvrier a au moins l'avantage d'être un tantinet plus débarrassé de certains artifices du salariat, la force de travail mis au service de l'entreprise moyennant salaire. Donc  à la fin du compte Lison  conclut comme le Mr là Oh dis donc les classes sociales existent encore


bit.ly/uPZ81Obit.ly/uPZ81O


           Donc de tout cela, comme une vibration de colère qui lui reste en tête, mais parfois les colères veulent se rendre disons utile et passent au militantisme, la politique. donc peut être mais suspense.

Peut être aussi entre Lison et Mehdi quelque chose ?   Là dessus il ne faut pas s'avancer et je ne partage pas le point de vue de l'auteur quand il écrit " et Lison était avant tout une femme ouverte d'esprit et certains de ses collègues disaient " pas que d'esprit " avec des sourires égrillards ".
Je trouve que vraiment de tels digressions n'ont aucun intérêt dans ce roman.
D'ailleurs pendant la promotion du livre un des critiques lui dira dans une émission que c'est quand même plutôt déplacé dans ce genre de roman social d'avoir des remarques égrillardes
et là l'auteur lui dira " non Mr. C'est une licence poétique " et il l'aura mouché.
D'ailleurs le lendemain Mehdi dira à un de ses collègues


" Tu as vu hier soir à la télé comment l'auteur l'as mouché le critique ? "

" Ah non. Je regardais Secret Story 5 "

Mais l'essentiel c'est surtout que Lison sera un peu le double de l'auteur dans le roman dans sa recherche de transcrire par écrit ce que c'est que la condition ouvrière, dans un roman, français, au XXI e Siècle. Ce qui n'a peut être pas l'air mais n'est pas facile, facile.
D'ailleurs comme par hasard et c'est vrai que c'est un tantinet appuyé, au même moment Lison découvrira l'oeuvre de Annie Ernaux, de La Place à Les Années

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEhKssWpSPc-53c0fZgGEluMajgEacISJ-WMriynmahoxQaPYWMijXDdpoRSHB9aR7GNijmSlPzPr-RbADxDIvQ9TsL_91Mhj58DhokIj8yTeyIYv7KPUvQq2KOAI-c6zJlOmUcWVoLoG6E/s1600/ernaux.jpg





Et tout ce qu'elle charrie, de la découverte du poids de l'héritage, tout cet ensemble de comportements et d'habitudes que les parents inculquent sans même y prendre garde à leurs enfants, du dilemme qu'il y a où trahir cet héritage en prenant ou tentant de prendre l'ascenseur social par le biais de l'école républicaine où à trahir les espoirs familiaux en restant dans sa classe, sa caste, sa condition. Une sorte de va et vient entre la praxis et la théorie, genre style quoi.

D'ailleurs dans le roman il y aura des passages entiers de La Place qui seront tout bonnement recopiés.  Ce qui sera un peu critiqué dans une des 327 ème émissions de télés ou de radios qui seront consacré à ce roman.

Oui je sais 327. Moi aussi je trouve que ça surprend. Mais au bout de la 300 ème émission il y aura comme une lassitude dans le public vis à vis de ce livre. Ce qui est décevant, je le conçois.

D'ailleurs Jérôme Garcin dira dans un Masque Et La Plume

" Quand je vois qu'il y a si peu d'émissions pour parler de cet ouvrage qui secoue le carcan du roman traditionnel, je suis affligé. Je suis donc le seul à vouloir secouer le carcan du roman traditionnel ? "

Et là dans le public une main se dressera pour dire

" Mais t'embête pas Jérôme. Carcan il y en a pour un il y en a pour tous "


Ce sera l'auteur qui sera venu assister à l'enregistrement du Masque et et la Plume et qui aura fini la promo de son livre un peu torché comme un coing quand même.

Mehdi



Avec du talent un jour je vous raconterais une histoire et ce sera un roman. Celui d'une grève avec des salariés en lutte contre leur patron et en fait ce sera un peu l'allégorie ( ou la métaphore, j'hésite un peu ) du salariat en lutte contre le patronat.
                 
             Dans mon roman il y aura des personnages. Ce qui est somme toute assez courant.  Mais les miens, tu ne les pas pas rencontré ailleurs.



        
D'abord il y aura Mehdi, Mehdi Melkoni. Mehdi Melkoni c'est un salarié, mais pas comme les autres. Tout d'abord il aurait lu Bourdieu un peu, il se serait syndiqué à la CFDT. Ce serait un peu un salarié militant, tu vois. D'ailleurs il aurait aussi un blog sur Skyblog   " pour ceux qu'on oublie peu à peu et qui gardent au fond d'eux quelque chose qui fait mal, qui fait mal " et d'où il tenterait de faire la révolution, mais en secret. Il écouterait aussi à fond les Clash pour exprimer son envie de révolte, chez lui.


Mehdi en arabe ça doit vouloir dire Prophète, donc c'est un peu signifiant  et ça donne tout de suite une dimension messianique au personnage. D'ailleurs à un moment, lison lui parlerait de " Germinal" mais Mehdi répondrait que ce roman " malgré d'indéniables qualité de récit, ne prend pas en compte l'externalisation croissantes des ressources humaines dans le management actuel. C'est quand même un peu chiant " ce qui montre qu'il y a des nuances dans le personnage. Mais s'ajoute à cette dimension le fait que tu peux faire des vannes avec ce nom, genre ses collègues qui lui disent le lundi matin
"
Mehdi moi alors , t'as tiré ta crampe ce Week end ? "
Et ça
c'est une super astuce parce que ça permet de faire respirer le roman.
Milan Kundera le dit dans un addendum à "l'Art du Roman" . "En vrai le roman c'est un peu comme une chaussure sur le pied du lecteur. Faut lui permettre de respirer. Donc les chaussures offrent des petites ouvertures "
http://www.chaussure-hommes.com/wp-content/uploads/2011/08/rentr%C3%A9e-2011-Kickers-Geox-Clarks1.jpg

Donc Mehdi c'est aussi une astuce qui permet de faire plein d'ouvertures dans le roman.
D'ailleurs les critiques ils diront à la parution du roman
" on peut saluer l'astuce du romancier qui a trouvé un nom qui est à la fois signifiant et permet de faire respirer le roman par de petits calembours à la portée du lecteur ".

Donc Mehdi, ce serait un peu le meneur du mouvement. Celui qui catalyserait les aspirations et les luttes de salariés pour les inscrire dans une perspective plus large. Mais c'est lui qui ferait les cafés dans le local du CE aussi,
parfois.

A  Suivre

samedi 31 août 2013

vous savez ce que c'est

( comme un peu personne n'as trop fréquenté un de mes précédents blogs je vous ressors, un peu modifié, et article des archives  pour faire genre, je suis productif. Astuce)


Avec du talent un jour je vous raconterais une histoire et ce sera un roman. Celui d'une grève avec des salariés en lutte contre leur patron et en fait ce sera un peu l'allégorie ( ou la métaphore, j'hésite un peu ) du salariat en lutte contre le patronat.


Dans ce roman il y aura des lieux, ce qui est somme toute assez courant mais les miens tu ne les aura pas vu ailleurs.




Le bureau du Directeur


Dans le roman à un moment, plus ou moins opportun le patron, nouvel arrivant dans l'entreprise, enfin la boite disent les salariés, décidera d'inviter les membres du CE à son bureau. Oui, une envie, une lubie, une impulsion soudaine, une " prise de contact " qu'il dirait dans l'invitation. Donc tant qu'à faire les élus du Comité d'entreprise se sont dits on y va. Le bureau était plutôt grand, meublé avec soin de meubles IKEA et agrémenté de graphiques aux couleurs vives exprimant un enthousiasme communicatif pour les CA en hausse constante. La moquette était épaisse, l'isolation semblait bonne. Il leur montra tout avec gourmandise et leur offrit même des chocolats, se réjouit bruyamment quand Ahmed reconnut ce tableau de Munch, le Cri 


" Je suis allé le voir lors d'une escapade à Oslo. Lorsque l'on a une telle pression dans nos métiers il faut parfois s'autoriser des breaks. Vous savez ce que c'est "


Donc tant qu'à faire ils commençaient à exposer au patron leurs légitimes revendications, concernant les salaires, les conditions de travail, le menu de la cantine, les accidents dans l'atelier 42, les fautes de goût dans les notes de service. Tout quoi et plus encore s'il en était besoin. S'attendant à une bataille rangée ils furent surpris et peut être même un peu déconfits de constater que tout cela leur patron le comprenait, avec un total manque dans le laisser aller.





Il comprenait. Il comprenait tout à fait pour le coût de la vie. Il comprenait bien pour le pouvoir d'achat. Il comprenait ce que c'était pour les salaires. A chaque fois, il comprenait. Il le disait d'ailleurs, mine attentive et bras ouverts " je vous comprend. Je vais moi même faire des courses parce que ma femme ..." . Mais ajoutait il la mine soudain un peu plus grave, avec toujours des traces de ce sourire qu'il s'y appliquait chaque matin  " vous savez les Marchés ". Pourtant les camarades avaient un peu tout essayé pour le faire fléchir. Il faut dire que tout le monde avait bossé. Certain avaient même fait appel à des amis. Ceux ci leur avaient confiés pleins de " là tu fais ça " même des " là tu fais ça mais ça m étonnerais que ça t arrive " mais au cas où. On ne sait jamais trop. La veille ils s'étaient répartis un peu les " là tu fais ça ". C'est à dire que Ahmed avait gueulé pour ne pas tous se les taper.  Tout le monde s'était mis d'accord, plus ou moins. Mais maintenant toutes les tentatives semblaient échouer au pied des remparts de " Vous savez bien les Marchés ". Les marchés revenaient en boucle monter la garde devant les bénéfices de l'entreprise.  Ceci lui rappelait un peu son père dans son enfance qui refusait telle sortie avec ses collègues parce que " vous savez bien les enfants". Oui il y avait de ça. Les marchés paraissaient une farandole d'enfants joufflus et insatiables sautillant devant le magot mais qui pouvaient apporter de si grandes joies quand on savait bien les satisfaire. Les marchés ces délicieux petits fripons turbulents et imprévisibles que chacun se retenait pourtant de gourmander. Les marchés un peu ces adorables nourrissons au visage déjà botoxé de la pub Evian capables d'offrir 1 si belle chorégraphie, quand ils voulaient. 









Oui oui oui. N'empêche. Ahmed là, il aurait bien abattu 1 main de travailleur sur les fesses talquées des marchés. Il y aurait bien mis du rouge, de la douleur et des larmes sur ces postérieurs dodus.


Ahmed il aurait bien aimé dire. Dire des trucs. Dire des vies un peu concassées chaque jour par leurs 8 heures de travail à la chaîne et sur lesquels les moindres évènements anodins s'abattaient un peu comme des briques. il aurait fallu que ces mots fassent tâche sur cette moquette qui semblait plutôt bien entretenue, même si elle aussi l'" externalisation des tâches annexes " ne semblait pas lui réussir. Les sociétés de nettoyage, pour le soin et la finition ce n'est pas çà. Mais là les mots ne lui vinrent pas à Ahmed. Il sentit bien, sortant du bureau, tout le monde se regardant par en dessous, qu'ils n'avaient pas été bons.


" Causeritz avait raison. Faut jamais laisser l'adversaire choisir le champ de bataille " furent ces mots " et en plus, ajouta t'il y a même pas de machine à café dans son truc ". Donc je crois que çà promettait d'autres trucs pour des prochains épisodes et me rend presque impatient.

Voilà, je crois que c'est à peu près pas tout à fait çà.